Robert Levin/Gérard Poulet MOZART Unfinished works for piano and violin Completed by Robert Levin

Robert Levin, à propos des Sonates et Morceaux pour piano et violon inachevés de Mozart: « Aucun genre musical n’était cultivé par Mozart d’une manière aussi féconde que ses œuvres pour piano et violon. Ses premiers essais pour cette combinaison, publiés à Paris, datent de sa 7 ème année, et se poursuivent durant toutes les périodesde sa créativité. Il est dans la nature de son invention que les œuvres achevées aient pour genèse un nombre retentissant de fragments, qui sont rarement abandonnés pour des raisons de qualité: au contraire, ils contiennent souvent sa musique la plus audacieuse et inventive. Le projet d’entreprendre des compléments pour l’ensemble des œuvres pour piano et violon de Mozart a été une proposition de l’éditeur G. Henle Verlag et de son chef, le grand mozartien Wolf-Dieter Seiffert. Il s’agissait d’une part de morceaux déjà achevés par Maximilian Stadler, conseiller de cour et responsable de l’inventaire des manuscrits de Mozart après sa mort, et d’autre part d’œuvres laissées inachevées par lui, sans doute car il estimait que le nombre de mesures annotées par Mozart ne lui suffisait pas pour s’adresser au grand défi: la maitrise de Mozart se ressent pourtant avec seulement quelques notes dans tous les domaines (invention, rhétorique, structure, caractère). Les versions entreprises par Stadler, qui avait comme but la publication pour gagner davantage d’argent pour la veuve du compositeur sont toujours correctes et parfois même saisissantes, mais elles sont en général trop littérales pour le génie vivace de Mozart. J’ai donc essayé de créer des versions où le risque est indéniable, avec le plaisir d’expérimenter sur le peu de mesures laissées une sorte de fluidité et de naturel proches de la spontanéité qui pourraient parfois laisser supposer de l’improvisation. Le présent enregistrement exclut l’andante et fugue K. 402, dont le manuscrit, qui se trouvait en France au 19e siècle, a disparu, rendant le jugement d’où s’arrête la main du maitre impossible (dans la fugue il y a des doutes presque dès le début!), contenu dans le volume de Henle. Il contient par contre l’allegro K. 526a, où n’existe en fragment que les 16 mesures ébauchées par le piano et dont le complément représente l’esprit « spéculatif » pour apprécier à quel point il est possible de créer un mouvement plausible dans le style de Mozart, même avec un tel déficit de matière. Que le mélomane décide! » Le disque, distribué par Harmonia Mundi, sera disponible dans de nombreux points de vente dès Octobre 2016. Les Grenoblois pourront se le procurer directement au Palais des Dégustateurs.